M. Bruno Nabagné Koné, ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, a décliné devant les députés, les actions prioritaires du Gouvernement pour sécuriser la propriété foncière urbaine. C’était, le mardi 17 juin 2025, au siège de l’Assemblée nationale sis à Abidjan-Plateau, lors d’une séance parlementaire portant sur le thème « La protection du domaine foncier urbain ».
Dans le cadre de la « Question orale avec débat » soulevée par les représentants du peuple à propos de la propriété foncière qui a suscité quelques polémiques, ces derniers mois, à Abidjan, notamment sur les lotissements de Bessikoi et de Djorogobité, le ministre Bruno Nabagné Koné s’est voulu rassurant.
« Notre mission est principalement d’assurer aux populations ivoiriennes un cadre de vie décent, assaini, structuré et résilient », a-t-il affirmé, avant d’indiqué que la vision portée par son ministère s’articule autour de trois points, notamment « la maîtrise durable de l’urbanisation, la gestion des activités de construction en veillant au respect des règles du permis de construire, l’accès pour chaque citoyen à un logement décent et l’amélioration du cadre de vie des populations ».
Pour y parvenir, cinq actions prioritaires ont été dégagées par ses services. Il s’agit notamment de disposer d’outils de planification et d’innovation urbaine en vue d’offrir aux populations ivoiriennes des services de qualité, en vue de mieux maîtriser l’expansion des villes et veiller à l’application effective des documents d’urbanisme ; moderniser, sécuriser et simplifier les démarches et la production des actes administratifs du foncier, de l’urbanisme et de la construction ; renforcer l’intégrité juridique de l’ Arrêté de Concession Définitive (ACD) pour en faire définitivement un élément de sécurisation des transactions en matière foncière et de dynamisation de l’économie nationale à travers notamment le crédit identitaire ; sécuriser le cadre bâti et doter les administrations de bâtiments à usage de bureaux fonctionnels et en nombre suffisant ; et enfin, réglementer le secteur capital et relancer les projets présidentiels de construction de logements sociaux et économiques à travers les projets de l’État, de l’auto-construction et de l’investissement.
Aussi, afin d’éviter qu’un citoyen soit indûment spolié de son terrain, le Ministère en charge de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme met un point d’honneur a engager les réformes nécessaires pour accroître la sécurisation du domaine foncier urbain.
« Le niveau de sécurité urbain n’a jamais été aussi élevé qu’aujourd’hui », a martelé le ministre Bruno Nabagné Koné.
OG
Photo légendée : Bruno Koné, ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme.
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La justice casse les arrêtés du MCLU sur la forêt de la Djibi
« Le niveau de sécurité urbain n’a jamais été aussi élevé qu’aujourd’hui », a soutenu le ministre Bruno Koné devant les députés en ce qui concerne les questions de sécurité foncière. Que pensent les populations d’Akrou, d’Eloka et M’Barro Bouaké et de la forêt de la Djibi des propos du ministre de la Construction ? Les propriétaires de la forêt de la Djibi, sûrement n’en pensent rien de bon. Eux à qui la justice vient d’autoriser récemment l’inscription de leurs Titres Fonciers dans le domaine rural d’Anyama et d’Abobo, cassant ainsi l’arrêté du ministre Bruno Koné qui donnait leurs parcelles à des promotions immobilières pour un projet de logements sociaux. Le ministre, devant les députés, a parlé de nouveaux instruments afin de protéger les propriétaires urbains. Mais quand on connaît les tensions persistantes entre les populations d’Akrou dans la commune de Jacqueville, de Eloka (Elokaté et Elokato) et M’Batto Bouaké dans la commune de Bingerville et le ministère de la Construction, on a du mal a être aussi affirmatif que le ministre Bruno Koné. La question de l’insécurité foncière n’a jamais été autant prégnante dans notre pays. Il ne se passe pas une semaine que des particuliers, des communautés villageoises ou d’autres entités ne crient à la spoliation de leurs terres. Spoliation dont ils crient haut et fort qui se fait avec la complicité active et intéressée du ministère de la Construction.
Alors le ministre Bruno Koné peut engager toutes les réformes qu’il veut, la protection foncière ne sera une réalité dans ce pays que si son département se veut un arbitre neutre et impartial. Ainsi, quand une décision de justice est prise pour défendre les communautés villageoises, le ministre n’a pas à prendre des arrêtés pour requalifié ou reclasser des parcelles afin de contourner les tribunaux pour des intérêts particuliers. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres pour dire que les belles paroles doivent s’accompagner d’actes probants sur le terrain et à la pratique. Sinon, ce n’est que de la propagande pour noyer le poisson. En bon entendeur…
Dodo Wlapkè
