Au cours de son intervention, il a fait remarquer que si les défis liés à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement prennent une ampleur croissante en Afrique, des solutions existent . C’est pourquoi, il a appelé à une reconfiguration du rôle du secteur privé autour d’un modèle de coopération intelligente avec les pouvoirs publics. Une prise de position nourrie d’exemples concrets et portée par une vision stratégique du développement durable des infrastructures hydrauliques africaines.
Le DG a reconnu que le groupe ERANOVE, acteur historique du secteur avec 65 ans de partenariat public-privé dans la distribution d’eau en Côte d’Ivoire, sert aujourd’hui plus de 2 millions de foyers urbains. Mais pour Ahmadou Bakayoko, ce rôle d’opérateur, aussi essentiel soit-il, ne suffit pas. Selon lui, le secteur privé doit aller au-delà de l’exploitation quotidienne et il doit devenir un catalyseur d’impact. « Nous ne sommes pas là pour dicter des politiques publiques, mais pour proposer des solutions ciblées, efficaces, qui s’insèrent dans les stratégies étatiques existantes et les renforcent », a affirmé Ahmadou Bakayoko.
C’est dans cet esprit, a-t-il révélé, que le programme APTF a été mis en œuvre à Abidjan, en collaboration avec l’État ivoirien. Il a ajouté que grâce à l’installation de 800 km de réseaux et une politique de subvention intelligente, 1 million de nouvelles personnes issues de quartiers périurbains ont pu accéder à l’eau potable dans la première phase de ce projet. Ce projet n’a pas seulement répondu à un besoin social urgent, estime t-il, il a aussi permis de récupérer des revenus jusque-là captés par des réseaux informels, tout en améliorant de dix points le rendement du réseau hydraulique, une performance technique remarquable.
Le DG de la SODECI a également mis en avant les quatre piliers de la stratégie du groupe ERANOVE qui sont l’accès à l’eau, la digitalisation, l’ingénierie des partenariats public-privé et la formation. Ces axes, loin d’être théoriques, se traduisent sur le terrain par des actions concrètes, a-t-il indiqué. Avant de poursuivre qu’au Sénégal et au Bénin, les programmes Omilayé et SDER permettent d’alimenter près de 3 millions d’habitants dans les zones rurales à travers des modèles décentralisés adaptés. En Côte d’Ivoire, a poursuivi le DG, « nous avons fait de la digitalisation un levier majeur pour améliorer nos performances et la qualité de service », ce qui signifie que des technologies de télémétrie ont permis de réduire drastiquement les pertes d’eau et les délais d’intervention, passés de 138 heures en 2019 à 9 heures en 2024. Concernant le volet de la formation, il a révélé que ce sont 200 jeunes, dont 40 jeunes filles, qui ont été formés à la plomberie sanitaire au Centre des Métiers de l’Eau, incarnant ainsi l’engagement du groupe pour une montée en compétence locale durable. Ahmadou Bakayoko a enfin saisi l’occasion pour appeler à une alliance plus formelle et stratégique entre le secteur privé et la Facilité Africaine de l’Eau (FAE), qui couvre la période 2026-2030. Selon lui, cette collaboration doit permettre de structurer des projets bancables, renforcer la confiance des investisseurs, et maximiser l’impact social et économique des initiatives.
Il a affirmé que « Construire l’Afrique de demain passera nécessairement par une coopération intelligente entre les secteurs public et privé. Le secteur privé est prêt. Il faut maintenant un cadre structuré, équitable et prévisible pour que cette dynamique se traduise en résultats durables ». Notons que tandis que l’Afrique cherche des solutions concrètes à ses grands défis, l’exemple du groupe ERANOVE illustre bien le fait que le secteur privé et le secteur public peuvent travailler efficacement de concert en combinant leurs forces dans un cadre institutionnel où les responsabilités sont clairement définies.
Fidel Koné
