Le sachet de la ménagère va se réduire
Depuis que quelques experts, ONG de lutte contre la cherté de la vie ou des mouvements de la Société Civile ont pris connaissance de l’annexe fiscale 2026 en Côte d’Ivoire, c’est l’inquiétude partout. Et pour la plupart, le constat est clair et net : les Ivoiriens sont dans la galère car TOUT VA AUGMENTER EN 2026, TOUT. Dans cet article qui n’est pas exhaustif, nous allons essayer de décrire les grandes lignes de ces augmentations des prix qui font craindre le pire pour le panier ou le sachet de la ménagère.
En 2026, une chose est sûre et certaine, c’est que tout va augmenter. L’Annexe Fiscale 2026 mise en place par le gouvernement ivoirien fait la part belle à des augmentations drastiques des prix de denrées de premières nécessités, et d’autres produits qui vont obligatoirement impacter le pouvoir d’achat des populations, surtout celles plus démunies qui constituent la majorité.
LE PRIX DU KILO DE VIANDE DE BŒUF, DE PORC, DE MOUTON, DE POULET AUGMENTE ENTRE 700 et 1000 FCFA
Allons un peu dans les détails. Ainsi par exemple, le prix du kilo de viande avec les os du bœuf qui était à 2.800 va passer 3.500 FCFA. Le kilo de viande sans os qui était à 3.000 va passer à 3.800 FCFA.
Le kilo de mouton qui était à 4.500 passe entre 5.000 et 5.500 FCFA.
Pourquoi une telle hausse ? Selon Mme Marylin Duhamel-Charleroi, leader d’un faîtière appelée des Mouvements Engagés Citoyens, une structure de la Société Civile, cette augmentation est du fait de l’application de + 18% de TVA (taxe sur la valeur ajoutée) décidée par le gouvernement sur tous les intrants alimentaires des animaux. À savoir, volailles de basse-cour, moutons, bœufs et il y a aussi une augmentation de la TVA sur les intrants alimentaires qui concourent à la fabrication de leurs aliments.
Le gouvernement a également augmenté la TVA sur les emballages dans lesquels sont stockés ces aliments.
Il y a de même augmentation de la TVA sur les toiles de jute, toile de jute qui concerne les emballages pour le café, le cacao et l’anacarde envoyé à l’exportation.
En somme toute la chaîne de production d’élevage de porcs, de poulets, de bœufs va subir une de 18 %. Ainsi chaque article dans cette chaîne, par ricochet, va connaître une augmentation de 18%. Forcément comme conséquences, c’est que le prix du poulet (nous y reviendrons), du kilo de viande (bœuf, mouton, porc) va augmenter.
AUGMENTATION DES PRIX DES Voitures de transport avec chauffeur (VTC)
Le gouvernement ivoirien a décidé que désormais les distances (kilomètres) des usagers dans les véhicules comme les Yango vont connaître une augmentation des tarifs. Le gouvernement ivoirien, pour nous résumer, a décidé que les VTC (Yango, Uber, etc.) devront désormais payer la patente au même titre que les taxis-compteurs et autres taxis communaux ou autres véhicules de transports répertoriés sur le territoire national.
Les autorités ivoiriennes justifient cette taxe par le fait qu’elles ont constaté que que leurs exigences de prélèvement de 4% à la source sur chaque voyage et sur chaque véhicule VTC ont du mal à être recouvrées. Aussi pour que ce soit beaucoup plus simple, désormais le gouvernement aligne les taxes des VTC à la patente et pour aller plus loin, le gouvernement exige désormais que tout nouveau véhicule qui veut s’inscrire sur une plateforme VTC doit obligatoirement présenter la preuve qu’il a en sa possession, ladite patente. Sinon, le véhicule en question ne pourra pas être inscrit sur la plateforme en question.
Il faut indiquer que les véhicules déjà inscrits sur ces plateformes n’échappent pas à la réglementation règle. En effet, lorsqu’ils vont renouveler leur adhésion sur ces plateformes, ils devront également s’acquitter de la patente, sinon la sanction est très simple : l’exclusion tout simplement de la plateforme (Yango, Uber, …) qui les accueillait. Alors, il ne faut pas avoir fait la Sorbonne pour comprendre que ce sont les usagers , une fois encore qui vont trinquer face à l’augmentation de la taxe sur les VTC.
TAXE SUR LES ARTISTES INVITÉS À PRESTER DANS TOUT SPECTACLE
Selon l’Annexe fiscal, à partir de 2026, si une quelconque organisation invite un artiste, un comédien ou autre à faire une prestation, sur le cachet brut qu’on négocie avec ce dernier, il faudra reverser 7,5 % de la somme à l’Etat. Cela veut dire que pour un anniversaire, un mariage, un concert, un don, une décoration ou une activité quelconque, il suffit que l’organisation invite un artiste, un comédien ou un chanteur, un jongleur ou qui d’autres, mais 7,5% de son cachet brut sera reversé dans les caisses de l’Etat. Prenons l’exemple d’un artiste lambda qui invité pour prester à une cérémonie quelconque. Si son cachet est négocié à 10 millions FCFA, il faudra déduire la somme de 750.000 FCFA qui sera reversée à l’Etat. Ce qui signifie que ce qui sera reversé à l’artiste est donc la somme de 9.250.000 FCFA. Et cela touche tout le monde à savoir organisateurs de spectacles, les artistes eux-mêmes et s’ils vont prester dans des maquis, des bars, des établissements scolaires ou autres, ils seront obligés de déduire 7,5% de leurs cachets brut et le reverser automatiquement à l’Etat. Sinon, cela sera considéré comme de la fraude et passible de poursuites judiciaires.
HÔTELS, RÉSIDENCES MEUBLÉES, AUBERGES DEVRONT MAJORER LE PRIX DE LA NUITÉE
À partir de 2026, les hôtels sans étoiles devront rajouter 500 FCFA sur le prix de la chambre. Par exemple, si le prix de la chambre était de 10.000 FCFA la nuit, la chambre passera désormais à 10.500 FCFA. L’hôtel garde les 10.000 FCFA et les 500 FCFA vont à l’Etat.
Pour les hôtels avec une (01) étoile, c’est la somme de 1.000 FCFA qui est rajoutée sur la nuitée.
Pour les hôtels avec deux (02) étoiles, c’est la somme de 1.500 FCFA qui est rajoutée en plus et pour les hôtels avec trois (03) étoiles et plus, c’est la somme de 2.000 FCFA qui est rajoutée et qui va dans les caisses de l’Etat.
Il faut préciser que cette décision ne touche pas seulement que Abidjan. Le gouvernement a donc ratissé large, aussi les hôtels dans Abidjan et sa périphérie (Bassam, Bingerville, etc.) toute la devront également payer 5.00 FCFA. Le gouvernement dans ce cadre a bien fait les chose car, la mesure d’augmentation du prix de la nuitée dans les hôtels touche toutes les communes du Grand Abidjan. Ainsi, les hôtels situés dans des communes du Grand Abidjan comptant moins de 20.000 habitants s’acquitteront de la somme de 500 FCFA par chambre et par nuitée. Et les hôtels situés dans les communes de plus de 20.000 habitants paieront 1.000 FCFA par chambre et par nuitée à l’Etat.
Pour le District de Yamoussoukro, il y a une augmentation de 500 FCFA par nuitée et par chambre et pour les hôtels dans les autres régions du pays, la somme est de 300 FCFA.
AUGMENTATION DE LA TAXE SUR LE PAQUET DE CIGARETTES
Le paquet de cigarettes va passer de la base imposable de 400 FCFA hors taxes à 500 FCFA hors taxes. C’est-à-dire que désormais, c’est à partir des 500 FCFA hors taxes que les revendeurs, les grossistes, les demi-grossistes, les détaillants vont rajouter leurs marges. Les gros fumeurs sont prévenus.
LA TAXE VOIRIE, ASSAINISSEMENT ET URBANISME APPARAÎT SIR LA TAXE FONCIÈRE
Désormais, en plus de la taxe sur les ordure présentes dans sur les factures de la CIE (Compagnie ivoirienne d’électricité), on aura aussi une Taxe Voirie, Assainissement et Urbanisme qui va apparaître sur la Taxe Foncière. Mais comme le gouvernement a du mal à recouvrer cette taxe là, désormais cette taxe n’incombera pas seulement aux propriétaires de maisons, mais aussi aux locataires. À savoir la personne qui occupe la maison. Ainsi, que vous louez une maison, il vous incombera en 2026 de vous acquitter de la Taxe Voirie, Assainissement et Urbanisme qui apparaîtra sur les imports fonciers.
Mais pourquoi une taxe qui se trouve sur la facture CIE ? Selon les explications, il s’agira d’accompagner le ministère en charge des routes pour assurer l’assainissement des voiries. Ainsi, on a la Taxe à Ordures Ménagères présent sur la facture CIE et maintenant on aura en plus de la patente que le citoyen paye pour l’entretien des routes, une deuxième ligne budgétaire au ministère des Infrastructures économiques en charge des routes. Selon toute vraisemblance, c’est le Fonds de l’Entretien Routier (FER) qui sera en charge de loger cette ligne budgétaire. Une structure qui fait beaucoup parler…
RÉGIME DE FAVEUR AUX STAR-UP NUMÉRIQUES LABELLISÉS : ATTENTION AU BLANCHIMENT D’ARGENT !
Cette annexe fiscale est tellement long, qu’on a essayé tant bien que mal de la résumer. « En fait, c’est une niche de détournement de deniers publics et de blanchiment de capitaux que le gouvernement veut créer à travers l’Annexe Fiscale 2026. Ces star-up numériques labellisées auront beaucoup de facilités et recevront même des financements de la part de l’Etat ivoirien. On ne sera pas surpris si avant la fin de l’année, on entend parler de cérémonies pour la distinction des meilleures star-up de Côte d’Ivoire ou alors, qu’on lance la labellisation des meilleures star-up numériques dans le pays. C’est pour mettre en avant, des star-up obscures dont on a jamais entendu parler et prétendre que ces star-up ont été labellisées sur la base de critères que seul sait le gouvernement. Pour aller plus loin, je ne serai pas surpris que ce soit des star-up proches du pouvoir qui soient mises en avant », prévient Marylin Duhamel-Charleroi.
Dodo Wlapkè
ENCADRÉ
LA TVA DE 18 % SUR L’ALIMENT DE VOLAILLE FINALEMENT SUSPENDUE
L’Association des Industriels de la Filière Avicole (INTERAVI) a annoncé ce 31 décembre 2025 la suspension de la taxe sur la valeur ajoutée de 18% qui devait s’appliquer sur l’aliment de volaille à partir du 2 janvier 2026. Cette décision intervient après une mobilisation de la filière avicole ivoirienne face à une mesure fiscale jugée préjudiciable pour le secteur.
Dans une note d’information adressée aux présidents des associations d’éleveurs et aux revendeurs, le président d’INTERAVI, Kindo K. Armand, confirme que cette taxation ne sera finalement pas mise en œuvre à la date initialement prévue. Cette annonce fait suite à une première communication datée du 29 décembre dans laquelle l’organisation avait alerté ses partenaires commerciaux sur l’imminence de cette nouvelle charge fiscale.
La suspension repose sur deux arguments principaux avancés par la direction d’INTERAVI. D’une part, de nouvelles négociations sont en cours avec le gouvernement ivoirien et pourraient déboucher sur un réaménagement du dispositif fiscal. L’enjeu dépasse la simple question économique puisque la filière avicole contribue significativement à la souveraineté alimentaire du pays et à la lutte contre la cherté de la vie.
D’autre part, l’annexe fiscale de la loi de finances pour l’année 2026 n’a pas encore été promulguée par le Président de la République, Alassane Ouattara. Or, cette promulgation constitue une étape indispensable avant toute application des nouvelles dispositions fiscales, comme le prévoit la procédure législative ivoirienne.
Le président de la filière avicole avait initialement demandé un sursis à l’application de cette TVA dès le 30 décembre 2025, cherchant à gagner du temps pour trouver une solution pérenne. L’annonce de cette suspension temporaire apporte un soulagement aux acteurs de la chaîne de production avicole, des éleveurs aux distributeurs, qui redoutaient l’impact d’une telle taxation sur leurs marges et le prix final pour les consommateurs.
Cette mobilisation illustre les tensions récurrentes entre les impératifs budgétaires de l’État et la nécessité de préserver la compétitivité des filières agricoles nationales. La suite des discussions avec les autorités gouvernementales déterminera si cette suspension se transformera en annulation définitive ou si un compromis sera trouvé pour concilier les besoins de financement public et la viabilité économique du secteur avicole ivoirien.
DW
