Plus de 12 milliards FCFA d’investissement en danger
M. Aimé Akpalé, promoteur immobilier, aménageur foncier et PDG de la société SOAF-ADA, a convié les médias le vendredi 16 janvier 2026 à la Maison de la Presse à Abidjan-Plateau afin d’informer l’opinion publique sur un conflit foncier qui l’oppose à une association dite des propriétaires terriens de l’île Motobé, nom du site querellé.
Aimé Akpalé, qui était accompagné de Nanan Ebi Koi Faustin, chef du village de Motobé, lors de son propos liminaire a d’emblée jeté le pavé dans la mare. « Nous avons souhaité organiser cette conférence de presse pour éclairer l’opinion publique, rétablir les faits, et dénoncer avec responsabilité ce que nous considérons comme des tentatives d’expropriation d’un terrain légalement acquis par nous, au mépris des règles qui fondent la sécurité juridique des investissements en Côte d’Ivoire », a-t-il justifié.
HISTORIQUE DES FAITS
Selon le promoteur, c’est en 2007 qu’il a signé avec le village de Motobé un protocole d’accord portant sur un projet de lotissement et d’aménagement foncier d’une superficie initiale de 373 hectares, situé entre les deux ponts de Moossou.
À l’époque, il s’agissait d’un espace boueux, impraticable, fortement marécageux, que peu de personnes imaginaient pouvoir être valorisé. « Mais forts de notre expérience, nous avons cru en la viabilité de ce projet. Dès le départ, nous avons fait le choix fondamental de nous soumettre rigoureusement à toute la procédure administrative, conformément aux lois de la République. C’est ainsi que, avant tout investissement lourd, nous avons obtenu l’approbation administrative du lotissement, puis l’Arrêté de Concession Définitive (ACD) de la parcelle concernée », indique-t-il.
Ce n’est qu’après ces étapes légales que sa structure a engagé des travaux colossaux de dragage et de remblayage, à l’aide de matériels spécialisés acquis notamment en Chine et aux Pays-Bas : il s’agit d’engins amphibies, de bulldozers et de bennes. Matériels nécessaires car la profondeur de la zone boueuse atteignait parfois près de deux mètres.
Ces travaux ont permis de transformer cet espace autrefois hostile en un site viable, qu’il a baptisé « l’Île Motobé », en hommage au village coutumier de Motobé, détenteur historique des droits coutumiers. M. Apkalé a précisé et cela est important que le site en question n’est pas la propriété du village de Moossou mais plutôt de celui de Motobé qui est relié à Alépé. Un fait reconnu et attesté par Nanan Kanga Assoumou, chef de village de Moossou.

Documents d’indemnisation avec le nom de N’Guessan N’Doumi André, celui qui revendique 18 ans après la propriété de 250 ha
« Toutes les personnes qui se sont présentées comme anciens occupants ou exploitants agricoles, affirmant avoir eu des plantations sur le site plusieurs décennies auparavant, ont été intégralement indemnisées. Le montant total des indemnisations versées s’élève à 428 125 000 francs CFA », a-t-il affirmé en nous donnant la photocopie du chèque portant ledit montant.
Des indemnisations effectuées dans le cadre du protocole d’accord signé, dont les noms des bénéficiaires, tel que N’Guessan N’Doumi André, figurent clairement dans des documents dûment remis aux médias.
18 ANS APRÈS, DES INDEMNISÉS VIENNENT SE CONSTITUER PROPRIÉTAIRES TERRIENS
Selon le conférencier, la situation s’est détériorée quand le nommé N’Guessan N’Doumi André, aujourd’hui président de l’Association dite des propriétaires terriens de l’île Motobé, parmi les signataires de ce protocole a revendiqué être propriétaire terrien du site alors qu’il n’était au départ que simple locataire comme les autres.
Et de dénoncer le fait que dix-huit (18) ans après la signature du protocole d’accord, et après avoir perçu leurs indemnisations, ces mêmes personnes sous la houlette de N’Guessan N’Doumi André reviennent aujourd’hui, sous la bannière d’une association, pour revendiquer la paternité d’une partie de l’extension de la parcelle, en se propriétaires terriens.
« Je tiens à être très clair : nous détenons l’ACD de l’extension concernée, d’une superficie de 2 446 850 m², par l’arrêté n°153780 en date du 20 août 2015. Ce groupe de personnes a été débouté à deux reprises par les juridictions compétentes, en 2024 puis en 2025 », informe M. Apkalé.
Et de poursuivre pour souligner que contre toute attente, les membres de ladite association ont ensuite introduit un recours devant le Conseil d’État, visant l’annulation d’un certificat de mutation de propriété foncière cédé à l’un de leur partenaire.

Le chèque de plus de 400 millions FCFA pour indemniser les bénéficiaires
« Nous avons été surpris par une décision qui remet en cause un ACD délivré il y a plus de dix ans. Cependant, nous faisons confiance à la justice de notre pays et avons engagé les recours appropriés, convaincus que le droit finira par être dit », espère-t-Il.
N’Guessan N’Doumi André est originaire de Moossou qui n’est pas le propriétaire terrien légal du site. Un espace appartenant plutôt à la commune d’Alépé comme l’atteste Nanan Ebi Koi Faustin, chef du village de Motobé et confirmé lui-même par Nanan Kanga Assoumou, chef de village de Moossou.
PLUS DE 12 MILLIARDS FCFA D’INVESTISSEMENT MENACÉS
M. Apkalé informe que SOAF-ADA, c’est plus de 12 milliards de francs CFA d’investissements sur le site de l’Île Motobé. C’est aussi près de vingt ans d’efforts, d’emplois, de risques assumés et de contribution au développement national.
En conclusion, le promoteur dit s’être prêté à cet exercice qu’est cette conférence de presse non seulement pour éclairer l’opinion publique, présenter l’ensemble des documents et preuves attestant de la régularité juridique de leur acquisition, mais surtout aussi pour interpeller respectueusement les autorités compétentes sur la nécessité absolue de préserver la sécurité juridique des investissements fonciers, pilier de l’attractivité économique de notre pays.
« Nous invitons les autorités à s’imprégner pleinement de ce dossier, en se rapprochant notamment des villages de Motobé et de Moossou et même du ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme afin de mieux appréhender la réalité des faits », a demandé M. Apkalé.
Quant à M. N’Guessan N’Doumi André, le mis en cause lors de cette conférence de presse, nous avons pu le joindre au téléphone afin d’avoir sa version des faits. Il nous a donner sa réponse par un de ses proches. Selon ce dernier : « M. N’Guessan N’Doumi André n’a rien à dire à la presse. Il n’est pas intéressé à se justifier d’aucune manière. Son avocat lui a dit d’attendre la décision de la justice en ce qui concerne le recours fait par la partie adverse, c’est tout ». Voici donc qui est clair quant à la position de l’Association des propriétaires terriens de l’Île de Motobé.
Olivier Guédé
