L’ancien Premier ministre de Gbagbo accuse le pouvoir de ne pas travailler pour les Ivoiriens mais pour lui-même
L’ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo aujourd’hui SG du CAP-CI (Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire) a fait une sortie récente afin de s’exprimer sur les déguerpissements brutaux qui touchent actuellement toutes les communes d’Abidjan. Et dans ses propos, l’ancien député de Bongouanou n’y est pas allé du dos de la cuillère pour dénoncer la procédure d’expulsion qui frappe actuellement des centaines de milliers de personnes dans la capitale économique ivoirienne.
« Ce n’est pas le fait de casser qui est le problème, dans tous les pays du monde on casse. Et même à notre niveau personnel quand ta case est devenue obsolète et que tu veux construire une villa, tu casses. Donc casser, c’est dans la dynamique du développement. Mais quand on sait qu’on doit casser, il faut reloger les gens, il faut les informer, il faut les dédommager », a soutenu l’ancien collaborateur du Président Gbagbo.
Pour lui, on ne peut pas vider manu-militari des populations sans leur permettre « de se retrouver quelque part où ils vont vivre ». Il a affirmé « qu’on ne peut pas venir les surprendre et puis on casse ». Ce, pour dénoncer la brutalité de la procédure de déguerpissement.
« On vient casser des maisons en l’absence de ceux qui les occupent et les murs tombent sur leurs biens et ils ne savent pas où ils doivent aller se loger et ensuite on choisi la période de la saison des pluies pour les déloger alors qu’on pouvait attendre la saison sèche », fulmine l’opposant politique.
Pour Pascal Affi N’Guessan, le gouvernement aurait dû informer les populations bien en avance et bien organiser tout le processus.
« Si vraiment on considère que ce sont des êtres humains qui sont en face, qu’ils ont droit à la dignité, alors ils ont droit à un minimum de respect. Si on pense que c’est en leur nom que nous sommes là (NDLR : au pouvoir), je pense que c’est une position qui est partagée par tous les partis membres de la CAP-CI (Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire) sur le caractère inhumain de ces pratiques (NDLR : déguerpissements) », dit-il.
« C’est surtout ça, sur le cynisme avec lequel le gouvernement traite ses propres concitoyens. C’est ça qui est malheureusement la réalité que nous refusons d’accepter. C’est malheureusement la réalité de ce pouvoir qui ne travaille pas pour les Ivoiriens, mais qui travaille pour lui-même », dixit Affi N’Guessan.
Pour lui, ce pouvoir ne travaille que pour son nom, que pour son image. « C’est pour cela que l’Indice de Développement Humain (IDH) en Côte d’Ivoire ne progresse pas et que la pauvreté ne recule pas. La vie est chère et personne (NDLR : parmi nos dirigeants) ne s’en préoccupe. Rien n’est fait pour aider les Ivoiriens à mieux vivre et avoir moins de soucis», accuse-t-il.
Il a assuré que la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui est l’un des pays selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), « où le taux de suicides est l’un des plus élevé en Afrique ». Et de préciser que « les Ivoiriens se suicident plus que les autres Africains » parce qu’ils ont trop de soucis et trop de problèmes, et personne ne s’en préoccupe.
Revenant que la question de la cherté de la vie, Pascal Affi N’Guessan lâche que « tout a augmenté ». Il révèle qu’en préparant cette conférence de presse, il a échangé avec quelques camarades et l’image qu’il a retenu de leurs échanges c’est que « aujourd’hui, on paye quatre (4) escargots à 10.000 FCFA (rire) et qu’aujourd’hui si tu ne sors pas 5.000 ou 6.000 FCFA, il t’es impossible d’avoir 4 régimes de bananes ».
Selon lui, le paradoxe c’est qu’il ne s’agit même pas de produits manufacturés. Ce sont plutôt des denrées qu’on trouvent dans nos champs et plantations. « Et cela, ça n’émeut pas le pouvoir du RHDP. Chaque fois que vous allez voir qu’ils investissent (NDLR : le gouvernement RHDP), c’est parce qu’ils gagnent quelque chose », a-t-il clôturé.
OG
Photo légendée : Pascal Affi N’Guessan.
