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Lutte contre la corruption en Afrique : Les décideurs africains à la recherche d’une solution globale

Par admin
13 juillet 2026
de SOCIÉTÉ
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Lutte contre la corruption en Afrique : Les décideurs africains à la recherche d’une solution globale
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A l’instar des autres pays du continent africain, la Côte d’Ivoire a célébré le 09 juillet 2026, la journée africaine  de lutte contre la corruption  portant sur le thème : « Intensifier la promotion de l’intégrité et des actions anti-corruption à travers l’Afrique», au ministère des Affaires Etrangères, d’Abidjan-Plateau.

Dans son message de bienvenue qui était très attendudans la salle de conférences du ministère des Affaires Etrangères d’Abidjan-Plateau pleine à craquer, le Président de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG), Epiphane Zoro Bi Ballo a affirmé au cours de la cérémonie d’ouverture du 09 Juillet 2026 que la date du 11 juillet est à graver dans le marbre d’autant que pour l’Afrique tout entière, elle est à la fois une date de mémoire, de responsabilité mais aussi d’espérance. Il a ajouté qu’en commémorant l’adoption, le 11 juillet 2003 à Maputo,  la Convention de l’Union Africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, le « continent rappelle qu’aucune nation ne peut bâtir durablement sa prospérité sans institutions intègres, sans gouvernance exemplaire et sans confiance entre l’Etat, les citoyens et les acteurs économiques. Cette journée n’est donc pas une simple commémoration. Elle est un appel à l’action, un appel à la responsabilité, un appel à l’exemplarité.  Pour cette édition 2026, l’Union Africaine nous invite à « Intensifier la promotion de l’intégrité et des actions anti-corruption à travers l’Afrique».

Ce thème exprime une conviction forte : la lutte contre la corruption n’est plus seulement une exigence morale ; elle constitue désormais une condition essentielle de la souveraineté économique, de la stabilité démocratique, de l’attractivité des investissements et de la compétitivité de nos économies. C’est dans cette dynamique que la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance a retenu comme thème national : « Intégrité, transparence et conformité : piliers d’une gouvernance publique et privée résiliente». Il poursuit que ce choix traduit une évolution profonde des politiques publiques de gouvernance.

En effet, explique-t-il, « aujourd’hui, partout dans le monde, les meilleures performances institutionnelles ne reposent plus uniquement sur des dispositifs répressifs. Elles s’appuient avant tout sur la prévention, l’éthique, la transparence des décisions, la conformité aux standards internationaux, la maîtrise des risques et la responsabilité des dirigeants. Autrement dit, l’intégrité est devenue un véritable capital stratégique. Elle protège les institutions, elle sécurise les investissements, elle rassure les partenaires, tout en renforçant la crédibilité des États et favorisant une croissance durable et inclusive ».

LA CORRUPTION, UNE  GRAVE MENACE

Poursuivant son allocution, le Président de la HABG fait remarquer que « La corruption demeure l’une des plus graves menaces contre le développement. Elle détourne les ressources publiques, accroît les inégalités, ralentit les investissements, compromet la confiance et fragilise l’Etat de droit.  C’est pourquoi la lutte contre la corruption est aujourd’hui indissociable de la lutte pour le développement ». Il précise que cette conviction est portée au plus haut niveau de l’Etat ivoirien se traduit par les importantes réformes et actions visant à moderniser la gouvernance publique et à renforcer les mécanismes de prévention et de répression de la corruption.

De plus, souligne-t-il, « la mise en place de plusieurs initiatives significatives témoigne de l’engagement de l’Etat à instaurer un environnement plus crédible, transparent et à renforcer la confiance des citoyens, des investisseurs et des partenaires internationaux ». A ce niveau, il cite le renforcement des capacités des agents de l’Etat et des acteurs du secteur privé à travers des formations sur l’éthique et la transparence qui se fait à travers l’Académie de la Bonne Gouvernance et du leadership Anti-Corruption (ABG-LAC) qui a formé 1615 cadres issus du secteur public, du secteur privé et de la société civile. A ce nombre s’ajoutent 450 élèves Magistrats et Greffiers formés sur l’éthique publique et la lutte contre la corruption. De même pour l’instauration de mécanismes de dénonciation sécurisés pour encourager les citoyens à signaler les actes de corruption à travers la mise en place d’une plateforme multicanale de dénonciation des actes de corruption dénommée « SIGNALIS » qui a reçu 451 alertes du 1er janvier au 31 décembre 2025.

Le président révèle également que dans ces requêtes figurent 303 saisines concernant la corruption d’agents publics nationaux, soit 67% ; 99 saisines concernant les infractions assimilées à la corruption, représentant 22 % ; 17 saisines relatives à la corruption dans le secteur privé, soit 4% ; 02 saisines concernant la corruption d’agents publics étrangers et de fonctionnaires internationaux, soit 0,44% ; 30 saisines portant sur d’autres infractions, notamment de droit commun, soit 7%. La déclaration de patrimoine qui constitue un mécanisme essentiel pour assurer le respect des obligations légales en matière de transparence et de redevabilité a été renforcée et « son suivi régulier a permis d’améliorer significativement le niveau de conformité des responsables publics. Ainsi, le dispositif de déclaration de patrimoine continue d’enregistrer des résultats encourageants, avec un taux de conformité de 90,66 %, traduisant une adhésion croissante des assujettis aux exigences de transparence, d’intégrité et de bonne gouvernance ». L’autre point de satisfaction du gouvernement repose sur la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption 2024-2028.

Epiphane Zoro Bi Ballo déclare à cet effet que « Cette réforme dote désormais la Côte d’Ivoire d’un cadre stratégique de référence pour prévenir et combattre durablement la corruption. Adoptée par le Gouvernement le 12 juin 2024, cette stratégie est mise en œuvre à travers le Programme National de Lutte contre la Corruption (PNLC) 2025-2028. Le bilan à mi-parcours de son Plan de Travail Annuel (PTA) 2025 fait ressortir un taux de réalisation de 73,33 %, traduisant des avancées significatives dans l’exécution des actions programmées. Ce résultat témoigne de l’engagement des parties prenantes de l’écosystème national de prévention et de lutte contre la corruption, à atteindre les objectifs fixés. Les activités en cours devraient permettre d’améliorer davantage ce niveau de performance d’ici la fin de l’exercice ».

Avant d’ajouter qu’en matière d’investigations, la HABG a transmis à ce jour 42 procès-verbaux d’enquête au Parquet du Pôle pénal économique et financier qui ont conduit à l’interpellation de 39 personnes. Toute chose qui a permis d’enregistrer des résultats encourageants, reconnait le Président de la Haute Autorité. A savoir l’amélioration du score de la Côte d’Ivoire et son classement au niveau de l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) de Transparency International. Avec un score de 43 sur 100 en 2025 et un rang de 76ème sur 182 pays évalués, le pays figure désormais parmi les dix meilleurs pays africains en matière d’effort de lutte contre la corruption, note fièrement le Président Zoro avant d’indiquer que la lutte se poursuit avec détermination « car la quête de la bonne gouvernance demeure un objectif permanent. Elle se construit chaque jour, au regard des défis cruciaux à relever pour garantir la pérennité des réformes engagées ».

De nouvelles réformes et actions sont en cours dont la mise en place d’un indice national de gouvernance conçu selon une approche participative associée à des acteurs du secteur public, du secteur privé et de la société civile et qui vise à mesurer, suivre et analyser l’état de la gouvernance à partir des réalités nationales. Cet outil multidimensionnel qui fournit un ensemble de mesures composites destinées à renforcer les mécanismes d’évaluation et de suivi de la gouvernance en Côte d’Ivoire, permettra une bonne lisibilité des efforts du gouvernement. Une Enquête Nationale sur la corruption est également en cours et elle destinée à produire, de manière régulière, des indicateurs fiables fondés sur l’expérience vécue de la corruption par les ménages, les entreprises et les agents publics. Zone de Texte: 9Des mesures adéquates pour la protection des lanceurs d’alerte est un autre chantier du gouvernement.

VISION HOMOGENE

Revenant sur le thème du jour, le président Zoro s’est dit convaincu que les échanges avec les experts de réputation mondiale permettront de partager les meilleures pratiques internationales en matière de conformité anti-corruption.  Même son de cloche de la part du Représentant du Premier Ministre, Ahoua N’Dolly N’Guetta, par ailleurs Inspecteur Général d’Etat (IGE). Il a fait savoir que « La lutte contre la corruption ne peut se limiter à des dispositifs juridiques et structurels. Elle doit être un réflexe institutionnel.  Ses résultats doivent aboutir à une transformation profonde à travers l’adoption des codes d’éthique appliqués, la valorisation des comportements exemplaires et l’instauration d’une tolérance zéro face aux pratiques corruptives.  Les administrations et les entreprises doivent incarner de plus en plus l’exemplarité et intégrer des outils modernes de gestion des risques, avec l’adoption de la loi anticorruption en interne. Elles doivent s’engager davantage au respect des standards internationaux de gouvernance en refusant les pratiques de corruption dans les marchés publics et privés ».

Il a reconnu que dans un contexte marqué par la transformation numérique, les crises économiques et les mutations géopolitiques, les risques de corruption évoluent. Toujours selon lui, la résilience implique non seulement de réagir, mais aussi de prévenir et d’anticiper. Une gouvernance résiliente repose donc sur une alliance stratégique entre le public et le privé, fondée sur des valeurs communes. « Il nous appartient de façon responsable d’intensifier les actions anticorruption en anticipant les nouvelles formes de fraude liées au numérique, en renforçant la cyber-sécurité des systèmes publics et en encadrant les nouveaux modes de gestion financière.  La jeunesse ivoirienne constitue un levier stratégique à fort impact d’innovation technologique, pourvu qu’elle s’inscrive dans un cercle vertueux et productif, emprunt des valeurs d’intégrité et d’éthique » a insisté l’IGE.

Le Représentant Spécial du Président de la commission de l’Union Africaine en Côte d’Ivoire, Docteur Ladislas NZe Bekalé ne dit pas autre chose quand  il affirme que  « Les gouvernements africains doivent ainsi, continuer à renforcer l’indépendance des institutions de contrôle et des autorités de régulation, garantir l’application effective des lois anticorruption, créer des cadres juridiques robustes de protection des lanceurs d’alerte et promouvoir l’accès à l’information et la transparence budgétaire ».

Plus loin il ajoute qu’au-delà des institutions, la lutte contre la corruption est également une responsabilité collective qui engage aussi bien la société civile, les médias, le secteur privé que les citoyens, en particulier les jeunes et les femmes, invités à jouer un rôle prépondérant dans la promotion de l’intégrité, de l’éthique publique et de la redevabilité sociale car dans un monde globalisé, la corruption traverse les frontières et aucune nation ne peut lutter efficacement contre le fléau de manière solitaire.

Pour lui, « L’exigence de réponses coordonnées s’imposent, à cet effet. Il est donc impératif de renforcer la coopération entre les États africains, puis, avec les partenaires internationaux en vue de rendre efficace, la lutte contre les flux financiers illicites, le blanchiment de capitaux et la corruption transnationale, mais surtout, la restitution des avoirs détournés ».

La conférence inaugurale qui a suivi a été animée par l’ancien ministre français de l’Economie et des Finances, Michel Sapin. Elle a permis au nombreux public d’en savoir davantage sur les fondements des lois Sapin 1 et 2 dont il est l’initiateur et surtout l’approche à la fois globale et spécifique que chaque pays du continent doit adopter face à la corruption qui est une menace mondiale.

Fidel Koné

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