-600 décès en 9 mois dus à la consommation de produits prohibés
-Les membres de l’ALCFC-CI menacés dans l’exercice de leur fonction
Dans un rapport exclusif élaboré par Mamadou Sangaré (président) et Camara Moussa (directeur général) de l’Association de Lutte Contre la Fraude et la Contrefaçon en Côte d’Ivoire (ALCFC-CI), il est fait mention du mode opératoire utilisé par les contrebandiers qui opèrent aux frontières ivoiriennes et des difficultés que rencontrent les membres de l’ALCFC-CI.
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Concevoir et mettre en œuvre des projets de sensibilisation, d’information et d’éducation des populations contre la fraude et la contrefaçon, créer une coalition des entreprises pour lutter efficacement contre la fraude, participer à l’instauration d’un climat propice à l’investissement en Côte d’Ivoire. Telle est la mission que s’est assignée l’Association de Lutte Contre la Fraude et la Contrefaçon en Côte d’Ivoire (ALCFC-CI) qui fait un travail remarquable sur le terrain depuis l’obtention de son agrément. Basée aux différentes frontières et dans les grandes villes de la Côte d’Ivoire, l’ALCFC-CI qui fait de la lutte contre la fraude et la contrefaçon son cheval de bataille fait un travail peu connu du public ivoirien. Formés par la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, les membres de cette ONG font aussi de la prévention. Dans un rapport dont nous avons eu copie, l’ALCFC-CI revient sur la méthode utilisée par les contrebandiers pour contourner les douanes ivoiriennes aux frontières. Parfois, selon l’ALCFC-CI, avec la complicité de certaines personnes tapies dans l’ombre.
LE MODE OPERATOIRE DES TRAFIQUANTS
S’agissant de l’évasion des marchandises et des produits agricoles, l’ALCFC-CI explique que les trafiquants sortent nuitamment, et contournent les postes de contrôle avec les motos de deux (02) à trois (03) roues, ainsi que de petites voitures de transport. « A l’Ouest, 70% des marchandises sont des produits issus de la contrefaçon. Nous avons procédé dans un premier temps à une sensibilisation des identifiants avant d’évaluer les chiffres en termes de pertes pour la Côte d’Ivoire. L’habitude ayant la peau dure, nombreux sont les commerçants qui ont acquis de mauvaises habitudes pendant les 10 années de la crise politique ivoirienne. Un commerce non contrôlé entre la Côte d’Ivoire et ses voisins s’était développé et aujourd’hui cela continue malgré nos journées de sensibilisation auprès des commerçants. Ce commerce illicite qui se pratique sur notre territoire et fait perdre des milliards de FCFA à la Côte d’Ivoire», dixit le rapport de l’ALCFC-CI.
«La consommation de ces produits prohibés fragilise la santé de nos concitoyens. Le taux de mortalité selon une étude du conseiller municipal Bamba de la mairie de Man, est passé de 600 en 9 mois. Il faut s’interroger sur la fiabilité et la dangerosité de ces marchandises contrefaites. Nous attirons la sonnette d’alarme pour dire que l’heure est grave. La contrefaçon vraiment est une bombe à retardement si nous n’agissons pas vite. Nos populations se meurent et notre économie va à vau-l’eau. Notre santé est en danger ».
L’ALCFC-CI qui se veut un gage de confiance a créé un cadre de collaboration avec toutes les administrations judiciaires comme le prévoit la charte reste afin de juguler la fraude.
AU TRAVAIL À HAUT RISQUE
Sans armes et sans aucune protection, l’Association de Lutte Contre la Fraude et la Contrefaçon en Côte d’Ivoire est très exposée sur le terrain. Ses membres sont parfois à la merci des trafiquants de tous genres prêts à tout. «Nous constituions une menace pour les commerçants que nous sensibilisons. Le début était vraiment difficile. Nous avons bien la volonté d’aider l’Etat, mais les ressources et les moyens de déplacement pour la mobilité de l’équipe font défaut. C’est pourquoi nous voudrions bien saluer certaines autorités préfectorales qui ont bien voulu nous aider sur le terrain ». Dans ce même rapport, l’ALCFC-CI ne manque pas d’exprimer sa satisfaction face à la réduction des produits contrefaits en Côte d’Ivoire. Un exploit qu’il met à son actif seulement en trois (03) ans de présence sur le terrain. « Les trafiquants qui sortaient et qui défiaient tout le monde pour exercer leurs activités en plein jour sont obligés de se cacher aujourd’hui », assure le rapport.
L’APPEL DE L’ALCFC-CI AUX AUTORITES IVOIRIENNES
« Nous appelons l’Etat surtout le Président de la République à la rescousse y compris les institutions publiques et privées qui voudraient bien nous venir en aide. La lutte contre la contrefaçon, la fraude, la contrebande et les infractions assimilées est une affaire de tout le monde. Les défis sont énormes car nous mesurons toutes les conséquences de notre travail. Nous avons besoin d’être sécurisés afin de nous permettre de mener à bien notre travail de sensibilisation sur le terrain. Il y a des zones dont l’accès est très difficile», souligne le rapport. Un appel lancé par les premiers responsables de l’ALCFC-CI.
Tapé De Guy
