Le Ministre-Gouverneur du District Autonome d’Abidjan Cissé Ibrahima Bacongo a animé une conférence de presse annuelle le 14 Avril 2026 au casino du Sofitel Hôtel Ivoire de Cocody, pour faire le bilan des actions menées et dégager les perspectives pour les années à venir.
C’est dans une salle du casino du Sofitel Hôtel Ivoire de Cocody archi-comble et qui a refusé du monde que cette rencontre avec la presse nationale a eu lieu le le 14 Avril 2026. D’entrée, le Ministre-Gouverneur du District Autonome d’Abidjan Cissé Ibrahima Bacongo a fait remarquer que la conférence intervient dans le contexte particulier de la saison des pluies qui approche et qui est reste une source permanente d’angoisse et d’inquiétude à la fois pour le Gouvernement que pour les populations. La preuve, poursuit-il, 19 morts ont été enregistrés en 2022, contre 30 en 2023, mais « Grâce aux actions menées dans la douleur et les conditions très difficiles, la tendance a été inversée ».

Plus loin, il a ajouté que durant l’année 2025, les efforts du District Autonome d’Abidjan, se sont concentrés sur deux axes majeurs qui sont d’une part, poursuite de la restauration de l’ordre urbain et d’autre part, l’accélération de l’amélioration du cadre de vie des abidjanais. Sur le premier point, « je voudrais rappeler que dès ma prise officielle de fonction, le 02 janvier 2024, nous avons procédé à une évaluation rigoureuse de l’état du désordre urbain dans les treize (13) communes et dans les quatre sous-préfectures du District (Songon, Brofodoumé, Bingerville, et Anyama) afin d’y apporter une réponse efficace, planifiée et concertée. C’est dans ce contexte qu’a été créée, le 22 juillet 2024, la Brigade Spéciale de Lutte contre le Désordre Urbain. Elle est constituée d’agents de la Police du District et des Polices municipales des treize (13) communes du District ».
DES RESULTATS ENCOURAGEANTS
Toujours selon le Ministre-Gouverneur, les missions de cette Brigade spéciale consistent à libérer les emprises des grandes artères, des espaces publics squattés et des espaces non constructibles, à surveiller les zones déguerpies afin d’éviter leur recolonisation et enfin, à veiller à l’application de l’Arrêté interdisant le commerce ambulant, la pratique de la mendicité et l’usage des charrettes à bras. Vus sous cet angle, fait remarquer Cissé Ibrahima Bacongo, « Les résultats enregistrés, depuis son déploiement sur le terrain, tout particulièrement ce qui concerne la lutte contre la mendicité, le commerce ambulant, l’usage des charrettes à bras, sont plus qu’encourageants et méritent d’être consolidés ».

Sur le second point, poursuit le Ministre-Gouverneur, plusieurs actions concrètes ont été menées de façon intensive. A savoir, entre autres, la restauration de l’ordre sur les emprises des grandes artères du District ; l’aménagement de la Baie du Banco dans la perspective de la création d’un pôle touristique ; la construction au Banco d’un marché de Fruits et Légumes moderne, équipé, offrant toutes les commodités nécessaires à ce type d’infrastructure ; la construction de 45 magasins à Agban-village ; la construction d’une gare moderne multimodale à Agban-village contribuant de façon notable à l’amélioration de la fluidité et de la sécurité routières ; la construction de quarante (40) magasins à Adjamé 220 Logements mis gratuitement à la disposition des commerçants ; les travaux d’assainissement et d’aménagement aux abords de la Mosquée d’Adjamé avec un jet d’eau contribuant à assainir le cadre de vie et à favoriser un environnement plus propice au recueillement spirituel ; la réhabilitation et l’équipement de la grande Mosquée Salam d’Adjamé. A tout cela, il convient d’ajouter la rénovation de la Mairie d’Adjamé (notamment l’Etat civil, la salle de mariage, la cour intérieure et extérieure, la construction d’une fontaine, la fourniture et l’équipement en mobiliers) ; la réalisation de jets d’eau à la place de la Liberté et dans l’enceinte de la Mairie d’Adjamé ; la construction de la gare SOTRA des 220 Logements ; la construction de la gare « gbaka » des 220 Logements (près de la CIE) ; la pose de pavés au Rond-point central devant l’ex cinéma Liberté des 220 Logements ; l’aménagement du trottoir de la voie allant du Rond-point de l’ex cinéma liberté au Camp de Gendarmerie Agban ; la reconstruction de la clôture des Tours des 220 Logements ; la construction de deux (02) blocs de toilettes à proximité des tours des 220 Logements ; la construction de deux (02) guérites à l’entrée et à la sortie des Tours des 220 Logements et la pose de séparateurs (plots) sur la voie principale. Sans compter d’autres chantiers comme le forum investir dans le District autonome d’Abidjan ; l’aménagement des alentours de l’Université Félix Houphouët-Boigny et la réhabilitation du Parc d’attraction Dominique Ouattara à la Riviera 3.
MAINTENIR LA PRESSION
Abordant le chapitre des perspectives de cette année, le ministre-Gouverneur précise que « la restauration de l’ordre urbain n’est pas une donnée, mais un chantier de longue haleine. Elle exige de la patience, de la pédagogie, du volontarisme et de la résilience. Les habitudes ayant la peau dure, il faut toujours maintenir la pression ». De ce fait, argumente-t-il, «Après la libération des emprises des grandes artères et, plus généralement, du domaine public terrestre et lagunaire, différentes actions d’envergure sont prévues, qui visent à améliorer la fluidité routière, la création d’infrastructures collectives, l’attractivité et la résilience de la capitale économique ». Il s’agit notamment de l’aménagement de la Baie lagunaire de la Carena au Plateau ; l’aménagement du littoral de Port-Bouët ( la Promenade du Front de mer) ; l’aménagement de l’espace Canal aux Bois de Treichville (l’aquarium géant, l’aire de jeux, les espaces évènementiels, les jets d’eau avec effet d’animation pyrotechnique) ; le ravalement des façades ; la réalisation d’un Centre de conférence iconique sur l’ancien site du marché de friperie de Belleville ( à Treichville) ; la réalisation d’un centre commercial moderne (dite galerie marchande,) ; la construction de l’abattoir moderne d’Anyama.

Cissé Ibrahima Bacongo a également cité la réalisation d’un parc e-logistique à Gesco-rivière ; la construction du siège de la chefferie traditionnelle Atchan ; le recasement des populations déplacées de «Boribana» et de l’abattoir de Port-Bouët sur le site d’Anani (10 ha) et d’Adonkoi (37 ha) ; l’utilisation d’étals mobiles, métalliques, couverts et modulables qui donnent une architecture urbanistique en lieu et place des tables, tabourets et bancs en bois qui créent l’anarchie ; le déplacement des vulcanisateurs et des réparateurs d’engins à ciel ouvert sur les grandes artères ; la poursuite des actions ou opérations relatives à la restauration de l’ordre urbain enfin le renforcement des opérations d’assainissement à l’approche de la saison des pluies.

Tous ces acquis ne pouvant perdurer sans un engagement collectif que ce soit des autorités publiques, que des collectivités déconcentrées et décentralisées, des acteurs économiques, de la société civile, des leaders communautaires, des citoyens et de la presse, a reconnu le Ministre-Gouverneur du District Autonome d’Abidjan. Avant d’ajouter que pour consolider ces réalisations, plusieurs actions de communications seront menées. Et parmi elles, il a cité notamment les campagnes de sensibilisation de proximité ; la communication préventive avant toute opération majeure ; l’exploitation du Call Center désormais mis à la disposition des usagers ; la collaboration avec les Maires des treize (13) communes enfin l’ancrage d’une culture durable de civisme, à travers une campagne de communication et de sensibilisation sur différentes formes de désordre urbain, telles que la mendicité, le commerce ambulant, les besoins en plein air, l’utilisation des charrettes à bras. Insistant particulièrement sur ces derniers désordres urbains, le Ministre-Gouverneur s’est arrêté un court instant pour bien faire comprendre à l’auditoire qu’«Abidjan ne peut durablement prétendre au rang d’une grande métropole de son temps que si elle est débarrassée de toutes les formes de désordre qui l’enlaidissent, la rendent vulnérable et obèrent sa visibilité ». Pour mieux faire passer son message, Cissé Ibrahima Bacongo a conclu son intervention en indiquant que « Le District Autonome d’Abidjan continuera d’agir avec lucidité et responsabilité, en liaison avec le Gouvernement et tous les acteurs du développement urbain, pour préserver les Abidjanaises et les Abidjanais contre les différents fléaux liés au désordre urbain et améliorer leur cadre de vie. Les actions qui sont préconisées feront l’objet de communication et de sensibilisation pour expliquer leur bien-fondé et susciter une adhésion collective à leur mise en œuvre ». La phase des questions-réponses qui a suivi cette étape, a permis au nombreux public d’en savoir davantage sur les principales missions du District Autonome d’Abidjan, la nature des relations avec les élus locaux (une collaboration, une consultation ou une soumission) ainsi que les limites de la lutte contre la mendicité urbaine.
Fidel Koné
