À l’occasion de la Journée africaine de la Jeunesse 2026, le ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Mamadou Touré, a appelé à transformer les acquis en opportunités concrètes pour les jeunes. Il a placé la Côte d’Ivoire dans une dynamique de consolidation des droits, de la participation et de l’insertion professionnelle des jeunes.
Une journée pour reconnaître la jeunesse
Célébrée chaque 1er novembre, la Journée africaine de la Jeunesse est, selon le ministre, bien plus qu’une commémoration : elle invite à reconnaître la jeunesse comme une force qui transforme déjà les sociétés africaines. Il s’agit aussi d’écouter ses aspirations, d’évaluer les progrès accomplis et d’identifier les chantiers encore à mener.
« Célébrer la jeunesse africaine, c’est reconnaître une force qui transforme déjà nos sociétés », a souligné Mamadou Touré, avant de poser une question centrale : quelle place réelle les États accordent-ils aux jeunes dans leur développement ?
Vingt ans après la Charte africaine.
Le thème de l’édition 2026, « Célébrer deux décennies de progrès dans la promotion des droits, de la participation et du développement des jeunes en Afrique », marque vingt ans depuis l’adoption de la Charte africaine de la jeunesse, intervenue le 2 juillet 2006 à Banjul.
Cette Charte affirme que chaque jeune doit pouvoir apprendre, se former, travailler, s’exprimer et contribuer pleinement à la vie de sa communauté. Elle vise également à garantir une participation effective des jeunes aux débats et aux processus de décision pour le développement du continent.
Pour le ministre, l’enjeu est désormais de conjuguer la reconnaissance des avancées avec une exigence de résultats mesurables sur le terrain.
La Côte d’Ivoire, une priorité nationale
En Côte d’Ivoire, a rappelé Mamadou Touré, la jeunesse occupe une place centrale dans l’ambition de transformation portée par le président de la République, Alassane Ouattara. Depuis 2011, l’État a renforcé son investissement dans le capital humain et progressivement mis en place un dispositif public d’accompagnement des jeunes.
Cette politique s’est traduite par une meilleure
coordination gouvernementale, notamment à travers le Programme Jeunesse du Gouvernement (PJGouv) 2023-2025. Selon les données citées, plus de 3,5 millions de jeunes ont été impactés, dont plus de 1,4 million formés, insérés ou financés, tandis que 261 structures de formation et infrastructures de jeunesse ont été construites ou réhabilitées.
Un nouveau cap pour 2026-2030
Ces résultats constituent, insiste le ministre, « un socle, et non un aboutissement ». Le PJGouv 2026-2030, adopté en Conseil des ministres le 5 août 2026, entend prolonger et amplifier cette dynamique.
Le nouveau programme ambitionne d’impacter près de 5,3 millions de jeunes et de construire ou réhabiliter 644 infrastructures de formation ou de jeunesse. Il repose sur trois axes : l’accélération de la formation, de l’insertion professionnelle et de l’entrepreneuriat ; le renforcement de l’engagement citoyen et de l’éthique sociale ; et l’amélioration des conditions d’épanouissement et de bien-être des jeunes.
Faire vivre les droits dans les territoires
Le premier défi identifié par Mamadou Touré est de faire vivre concrètement les droits des jeunes dans chaque territoire. Il ne suffit pas d’adopter des textes : les opportunités de formation, d’emploi et d’accompagnement doivent être accessibles partout dans le pays.
Cette approche territoriale vise à réduire les inégalités d’accès aux services publics et à rapprocher les dispositifs gouvernementaux des réalités locales des jeunes.
Donner une portée réelle à la participation
Le deuxième défi concerne la participation effective des jeunes à la vie publique. Le ministre a rappelé que la loi n° 2023-898 du 23 novembre 2023, d’orientation relative à la jeunesse, consacre cette exigence.
Dans le même esprit, le décret n° 2025-636 du 30 juillet 2025 modernise l’encadrement des organisations de jeunesse. Il confirme également le Conseil national des jeunes de Côte d’Ivoire dans sa mission de représentation de la jeunesse dans toute sa diversité.
Former pour employer et entreprendre
Le troisième défi est de rapprocher davantage la formation des possibilités d’emploi et d’activité. Le gouvernement entend développer les compétences recherchées par le marché, renforcer l’apprentissage, faciliter l’accès à une première expérience professionnelle et accompagner les initiatives viables.
L’entrepreneuriat doit, selon Mamadou Touré, bénéficier d’un accompagnement sérieux : préparation, suivi, débouchés et conditions permettant aux projets de durer. L’objectif n’est pas seulement de créer des activités, mais de construire des trajectoires économiques solides.
Valoriser tous les métiers
Enfin, le ministre a appelé à valoriser l’ensemble des voies professionnelles. L’emploi salarié, les métiers techniques, l’agriculture, l’artisanat et les nouvelles activités numériques doivent offrir des perspectives reconnues et attractives pour la jeunesse.
DV (source cercom MT)
